L'Algérie s'apprête à accueillir le pape Léon XIV pour une visite historique et profondément symbolique. Jamais auparavant un pape n'avait mis les pieds dans ce pays à majorité musulmane, terre natale de Saint Augustin, penseur chrétien majeur du IVe siècle.
Cette visite marque la première étape d'une tournée de plusieurs pays africains. Selon les déclarations de l'archevêque d'Alger, le cardinal Jean-Paul Vesco, le pape souhaite « continuer à construire des ponts entre le monde chrétien et le monde musulman ». Dans un climat international tendu, où les conflits au Moyen-Orient inquiètent, le message du pape sera axé sur la coexistence pacifique.
Prévu à 10H00 (09H00 GMT) à Alger, Léon XIV sera accueilli avec les honneurs. Avant tout, il rendra hommage aux victimes de la guerre d'indépendance face à la France devant le monument des martyrs, un acte symbolique chargé de sens dans une nation marquée par son histoire.
Il rencontrera ensuite le président Abdelmadjid Tebboune pour prononcer un discours devant les autorités du pays. Dans l'après-midi, sa visite se poursuivra par un passage à la Grande Mosquée, le plus haut minaret du monde, puis à la basilique Notre-Dame d'Afrique, un lieu emblématique du christianisme en Algérie.
Durant une célébration interreligieuse réunissant chrétiens et musulmans, Léon XIV lancera un appel à la fraternité, alors que les catholiques représentent moins de 0,01 % de la population algérienne. Cette tournée internationale est la première pour ce pape de 70 ans, qui se dirigera ensuite vers le Cameroun, l'Angola et la Guinée équatoriale.
Pour recevoir le pape, Alger a redoublé d'efforts. Les rues ont été rénovées et embellies, avec des espaces verts ornés de fleurs. Cependant, les travaux de dernière minute ont provoqué des désagréments dans certains quartiers, comme à Bab El Oued, où des embouteillages ont été signalés.
Bien qu'il n'ait pas prévu de bain de foule, Léon XIV se recueillera également en privé à la chapelle des 19 « martyrs d'Algérie », témoignant du sacrifice des religieux dans ce pays. Sa visite au monastère de Tibhirine, site de l'enlèvement de moines en 1996, ne figurera pas au programme officiel.
Un aspect personnel de cette visite est la prochaine étape à Annaba, ancienne Hippone, où Saint Augustin fut évêque. Robert Francis Prevost, avant d'être élu pape, avait déjà visité l'Algérie à deux reprises, renforçant ainsi ses liens avec cette terre. Selon Mgr Vesco, le pape est avant tout « un frère venu visiter ses frères » dans un pays où la communauté chrétienne, bien que minime, est présente depuis longtemps.







