A l'occasion des 30 ans de la mort de l'ancien président François Mitterrand, replongeons dans un moment distinctif de son passage en Isère. Situé au cœur des Alpes françaises, ce département a souvent été le théâtre de nombreuses visites présidentielles, en particulier pour Mitterrand. Son attachement à la région était manifeste, surtout avec des figures comme Louis Mermaz, son ami et ancien ministre.
Le 17 avril 1981, en pleine campagne électorale, Mitterrand se rend au palais des Sports de Grenoble, captivant son auditoire avec son charisme et son poing levé. Cependant, c'est lors de sa visite inattendue à Viriville, le 10 juillet 1985, qu’un événement marquant a eu lieu. Ce jour-là, préparatif dans le restaurant de l’hôtel Bonnoit, où le chef Jean-Paul Bonnoit s’apprête à servir un repas de baptême. C'est ainsi que les autorités ont dû prendre des mesures draconiennes pour assurer la sécurité du président.
Les forces de l'ordre ont évacué les appartements environnants, transformant cette charmante petite ville de 1300 âmes en une zone sous surveillance. Au menu du jour : un succulent filet de canard au vinaigre de framboise, accompagné d'un vin prestigieux, le Léoville Poyferré. Les hospices de sécurité étaient omniprésents, le repas soigneusement préparé dans une cuisine surveillée de près.
Ce moment prend une dimension encore plus symbolique lorsqu'il se rend plus tard dans l'après-midi pour rendre hommage aux résistants du Vercors, témoignant de son respect envers l'histoire et les luttes passées. Mitterrand termine sa journée en assistant à la 12ème étape du Tour de France, un événement phare en 1985, s'incluant dans un calendrier de visites qui visait à renforcer le lien entre le président et le peuple.
La journaliste politique Fabienne Arana rapporte que ces visites étaient souvent interprétées comme des tentatives de Mitterrand de consolider son image et son influence en région (source : Le Monde). Les avis des experts en politique, tels que l’historien Jean-Pierre Rioux, soulignent que Mitterrand avait ce don unique de transformer des visites officielles en moments intimes et mémorables pour les citoyens, une qualité souvent saluée, mais aussi critiquée.
En somme, cet épisode isérois inscrit dans le marbre de la mémoire collective nous rappelle combien la politique peut être enchevêtrée d'humanité et de souvenirs chaleureux, même dans les moments de sécurité renforcée.







