Le parti pro-kurde DEM a organisé une manifestation à Istanbul le 19 janvier pour dénoncer l'offensive militaire de la Syrie contre la communauté kurde dans le Rojava. Les forces de sécurité turques ont interpellé plusieurs militants ainsi qu'un journaliste français, Raphaël Boukandoura, qui couvrait l'événement. Selon les médias pour lesquels il travaille, notamment Courrier International et Ouest-France, Boukandoura ne faisait qu'exercer son droit à l'information.
Reporter Sans Frontières (RSF) a vivement condamné ces arrestations et appelé à la libération immédiate du journaliste. Dans un communiqué, RSF a souligné l'importance de la liberté d'expression, en déclarant : « La presse ne doit pas être bâillonnée pour avoir simplement rapporté des faits. » Le Syndicat national des journalistes (SNJ) a également exigé la libération immédiate du journaliste, insistant sur le fait qu'il n'a enfreint aucune loi.
Le ministère des Affaires étrangères français a déclaré être au courant de la situation et que l'ambassade de France en Turquie surveille le cas de près. Ils ont exprimé leur espoir que Boukandoura sera libéré rapidement. Dans un communiqué, des médias français, dont Libération, ont fait part de leur soutien à Boukandoura, le qualifiant d'« excellent professionnel » engagé depuis 2015 en Turquie.
Cette situation est un reflet des tensions persistantes en Turquie suite à l'accord entre le gouvernement syrien et les Forces démocratiques syriennes (FDS). L'accord a été signé dans un contexte d'escalade des violences dans le nord de la Syrie, en particulier dans les zones kurdes. Le commandant en chef des FDS a déclaré que l'accord vise à « éviter une nouvelle guerre civile » et de nouvelles pertes civiles. Ce qui, paradoxalement, soulève aussi le spectre d'une répression accrue à l'encontre des voix critiques en Turquie.
Cette arrestation soulève également des questions sur le rôle de la Turquie dans le conflit syrien. Le président Recep Tayyip Erdogan a récemment soutenu l'offensive syrienne, en affirmant que celle-ci est menée avec une « remarquable sensibilité à l'égard de la sécurité des civils ». Pourtant, cette situation précaire dresse un tableau inquiétant des droits de l'homme et de la liberté de la presse dans le pays.







