À l'approche des élections législatives, de nombreux partisans de la Première ministre déchue Sheikh Hasina s'interrogent : pour qui voter ? Cette incertitude pèse lourd, particulièrement à Gopalganj, un bastion de la Ligue Awami. Selon les estimations, la situation pourrait évoluer vers une forte abstention.
Depuis le renversement de Sheikh Hasina en août 2024, à la suite d'émeutes violentes ayant coûté la vie à plus de 1400 personnes, l'avenir politique de ses partisans reste flou. En exil en Inde et condamnée à mort par contumace, Hasina fait face à une situation complexe. Les autorités du gouvernement provisoire dirigé par Muhammad Yunus, prix Nobel de la paix, ont interdit la Ligue Awami, plongeant ses supporters dans un état de confusion.
« Je vois bien peu de candidats potentiels », souligne Mohammad Shafayet Biswas, un commerçant local. Beaucoup se questionnent sur la tenue des élections et pensent que certains resteront chez eux le jour du scrutin, comme le confie un ancien militant étudiant, inquiet pour sa sécurité.
La tension politique exacerbée par des confrontations récentes – la police a ouvert le feu en juillet, tuant plusieurs manifestants – rend la situation volatile. Sazzad Siddiqui, professeur à l'université de Dacca, craint un fort absentéisme, indiquant que de nombreuses personnes restent fidèles à Sheikh Hasina, malgré les critiques qui pèsent sur son mandat.
Avec la Ligue Awami écartée, ses adversaires, notamment le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) et le Jamaat-e-Islami, tentent d'attirer l'électorat qui se sent de plus en plus désorienté. SM Zilani, ancien candidat du BNP, met en avant son approche sur le terrain pour récolter des voix. « Je m'engage à défendre les intérêts de chaque électeur », déclare-t-il.
Son rival du Jamaat, Rezaul Karim, dont le parti a été banni sous le régime d'Hasina, travaille également à se rapprocher de la population. « Les gens cherchent un changement », affirme-t-il, invitant à un dialogue pacifique entre anciens ennemis, tout en rappelant que ceux ayant commis des crimes doivent être tenus responsables.
Cependant, la loyauté envers Sheikh Hasina reste bien ancrée. Une enseignante déclare vouloir voter, mais sans révéler pour qui, tandis qu'une autre ne s'y sent pas prête, affirmant qu'Hasina est comme une sœur pour elle. Cela démontre la complexité de la situation à l’approche de ces élections cruciales.







