Dans un tournant notable, l’armée américaine a présenté, le 23 janvier, une révision de sa stratégie de défense nationale, mettant l'accent sur une approche centrée sur la sécurité intérieure et la menace posée par la Chine. Le document, intitulé « Stratégie de défense nationale 2026 », signale une diminution du soutien militaire américain aux alliés européens, soulignant la nécessité pour ces derniers d'assumer davantage la responsabilité de leur propre défense.
Le Pentagone a clairement stipulé qu'il offrirait un soutien « plus limité » à ses alliés européens afin de concentrer ses efforts sur la sécurité nationale et la dissuasion face à la Chine. Selon le communiqué du Pentagone, « Tandis que les forces américaines se concentrent sur la défense de leur territoire et de la région indo-pacifique, nos alliés et partenaires assumeront la responsabilité de leur propre défense », illustrant une récente crise entre Washington et l'Otan quant à la situation stratégique au Groenland. Les commentaires controversés du président, qui ont interpellé la réactivité des membres de l'Otan durant le conflit en Afghanistan, ont également tendance à renforcer ces appel à l'autonomie.
Réagissant à cette stratégie, le premier ministre britannique Keir Starmer a qualifié les déclarations du président américain d’« insultantes », notamment à la lumière des pertes considérables subies par le Royaume-Uni, qui compte 457 soldats tués en Afghanistan. La ministre française des armées, Catherine Vautrin, a également rappelé à ses homologues que 90 soldats français ont perdu la vie dans le même conflit.
Un ton plus modéré envers la Chine
La nouvelle stratégie semble également marquer un changement de ton à l'égard de la Chine et de la Russie. Contrairement à la précédente « Stratégie de défense nationale » qui désignait la Chine comme le principal défi, le document actuel appelle à des « relations respectueuses » avec Pékin. Les experts notent que cette position pourrait refléter une volonté d'éviter une escalade de tensions. Le rapport mentionne la menace russe comme « persistante mais gérable », ce qui pourrait influencer les relations entre les membres de l'Otan.
Les politiques de défense de Joe Biden et Donald Trump divergent non seulement sur la manière de traiter ces menaces, mais aussi sur la priorisation de la sécurité intérieure. En effet, le document établit que le Pentagone « donnera la priorité à la fermeture de nos frontières, à repousser toute forme d’invasion », une orientation qui soulève des interrogations quant à la gestion de défis tels que le changement climatique, pourtant qualifié de « menace émergente » lors de l'administration précédente.
La priorité à l’Amérique latine
Sur un autre front, la stratégie souligne l'importance de l'Amérique latine, illustrant ainsi un « Corollaire Trump à la doctrine Monroe ». Le Pentagone prévoit de restaurer la « domination militaire des États-Unis au sein du continent américain », un signal envoyé aux rivaux comme la Chine et la Russie. Cette réorientation des priorités pourrait également engendrer des tensions sur la scène internationale.
Alors que les États-Unis intensifient leurs opérations militaires contre le trafic de drogues dans les Caraïbes, l'absence de preuves tangibles proposées par le gouvernement sur l'implication des cibles pose question. Cette dynamique révèle un besoin pressant d'éclaircir les objectifs stratégiques de Washington sur le plan international, dans un contexte marqué par de profonds bouleversements géopolitiques.







