Tensions diplomatiques : le chargé d'affaires français convoqué après un documentaire explosif
La crise diplomatique entre la France et l'Algérie a pris une nouvelle tournure suite à la diffusion d'une émission de «Complément d'enquête» sur France 2. Ce programme, apparu le 22 janvier 2023, avait pour but d'explorer les origines et les enjeux de ce conflit, exacerbés depuis que le président Emmanuel Macron a reconnu la marocanité du Sahara occidental.
Le 24 janvier, le chargé d'affaires de l'ambassade de France à Alger, Gilles Bourbao, s'est vu convoqué par le ministère algérien des Affaires étrangères. Le communiqué de ce dernier qualifie les propos tenus dans l'émission de «tissu de contre-vérités profondément offensantes», ce qui a conduit à la décision de convoquer le diplomate français, précédé par le rappel de l'ambassadeur Stéphane Romatet.
Ce documentaire prétend retracer les différentes étapes de la crise tout en abordant des sujets sensibles qui compliquent les relations franco-algériennes. Le ministère algérien a souligné que cette enquête représente une «vraie agression» contre l'État algérien, insinuant que l'ambassade de France aurait activement participé à cette «campagne outrageante».
Des experts notent que Gilles Bourbao, souvent convoqué pour s'expliquer, est dans une position délicate, chaque déclaration étant scrutée de près par les autorités algériennes. Selon des sources proches du dossier, l'émission a également suscité des critiques de la part de l'Agence de Presse Algérienne (APS), qui a décrit l'initiative comme une «entreprise de désinformation».
Le documentaire soulève des questions sur le rôle des services secrets algériens en France, notamment en ce qui concerne des alliés présumés parmi la diaspora. Par ailleurs, des épisodes troublants ont été révélés, incluant des allégations sur les activités d'une conseillère municipale franco-algérienne qui aurait été interrogée par des agents algériens au consulat.
En outre, l'émission aborde la question de l'enlèvement de l'opposant politique algérien Amir DZ, un incident qui fragilise encore plus la délicate réconciliation entre les deux pays. À la lumière de ces événements, le gouvernement algérien a prévenu qu'il se réserve «le droit de donner toutes les suites» nécessaires face à des agissements qu'il juge graves.







