Depuis le début de l'année, le président américain semble s'imposer comme le personnage central sur la scène politique. La cour de Donald Trump met en avant les faiblesses des alliés des États-Unis, une manœuvre qui pourrait bien augmenter la méfiance entre partenaires, selon Philippe Le Corre, professeur de géopolitique à l'ESSEC et chercheur à l'Asia Society.
Un regard sur Capitol Hill, où le Congrès se dresse majestueux, rappelle que, en janvier 2021, l'édifice a été le théâtre d'une assaut choquant, incité par Trump lui-même. Aujourd'hui, alors que le Congrès est loin de tourner à plein régime, la présence du très trumpiste Mike Johnson, président de la Chambre des représentants, en Europe ajoute une couche de complexité à cette dynamique. L'Europe, souvent perçue comme une source d'agacement pour l'actuelle administration, reste à l'écart des préoccupations immédiates de la Maison Blanche.
Parallèlement, l'affaire du Groenland continue d'alimenter les discussions. Les tensions sont palpables : la Maison-Blanche semble tirer parti des défaillances de ses alliés, les plaçant souvent sur la sellette. Cette focalisation sur l'Europe pourrait avoir des répercussions sur d'autres partenaires d'importance comme le Japon, Taïwan et la Corée du Sud, tous trois largement dépendants du soutien militaire américain.
Pékin et Moscou : les grands absents du discours présidentiel
Curieusement, la Chine et la Russie sont rarement évoquées dans les discours de l’actuelle administration, même dans les nouvelles orientations stratégiques établies. La tendance semble être de davantage cibler des gouvernements qui partagent des idéologies proches des démocrates, peut-être en raison du désir d'engager un dialogue constructif. Ce choix de stratégie pourrait néanmoins revenir hanter Trump dans le cadre des élections de mi-mandat prévues pour octobre 2026.
Alors que certains experts indiquent que le système international traditionnel (mise en avant de la démocratie, respect des droits humains) semble d’autant plus instable, les démocrates et les partisans de l'idée d'une Amérique comme phare de démocratie globale vont devoir redoubler d'efforts pour trouver des moyens efficaces de contrer cette nouvelle dynamique. Le défi est de taille alors que l'horloge tourne inexorablement.







