Les négociations qui se poursuivent à Genève entre les délégués ukrainiens et russes, médiées par les États-Unis, ont été décrites comme "très tendues" par une source proche de la délégation russe. Après six heures d'échanges, les discussions sont suspendues, mais reprendront mercredi.
Réunies à huis clos à l'hôtel InterContinental, les trois délégations ont également bénéficié de la présence de conseillers de l'Allemagne, de la France, du Royaume-Uni et de l'Italie. Selon une source gouvernementale italienne, des entretiens additionnels avec des conseillers ukrainiens et américains sont prévus dans le cadre des négociations.
Les discussions portent principalement sur des sujets de sécurité et des questions humanitaires, a précisé l'ancien ministre ukrainien de la Défense, Roustem Oumerov, qui assure travailler "de manière constructive". Cependant, des concessions territoriales de l’Ukraine sont exigées en échange de garanties de sécurité selon un plan américain dévoilé plus tôt.
Les négociations sont complexes, notamment concernant le Donbass, un bassin industriel essentiel. La Russie exige le retrait des forces ukrainiennes des zones déjà occupées, ce que Kiev refuse catégoriquement. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov, a reconnu la vaste portée des questions en jeu et a souligné l'incertitude quant aux résultats.
Parallèlement, la Russie a intensifié ses frappes en Ukraine, menaçant la sécurité civile. La nuit précédente, près de 400 drones et missiles ont été lancés, faisant des victimes et causant des interruptions d'approvisionnement en eau et chauffage dans plusieurs régions, notamment Odessa. Le président Zelensky a dénoncé cette offensive, la qualifiant de "calculée pour causer le maximum de dégâts au secteur énergétique".
Les récentes discussions à Genève sont un prolongement de précédentes sessions à Abou Dhabi, qui n'avaient pas donné de résultats concrets. Pendant ce temps, l'ancien président américain Donald Trump appelle à une résolution diplomatique du conflit, exhortant l'Ukraine à se montrer plus ouverte à la négociation.
Volodymyr Zelensky a exprimé des doutes sur l'intention réelle du Kremlin de parvenir à un accord, critiquant les appels fréquents à des concessions de la part des États-Unis. Il a fixé une ligne rouge claire, excluant de céder des territoires à la Russie, qui en occupe actuellement 19,5% du pays.
La politologue Tatiana Stanovaïa a souligné que la désignation de Vladimir Medinski, conseiller nationaliste, pour mener la délégation russe montre que les exigences politiques reviennent au cœur des négociations. En parallèle, Zelensky a révélé que 2 000 enfants avaient été récupérés par l'Ukraine mais que des milliers d'autres étaient encore captifs.







