Le dimanche 22 mars, la Belgique se réunira pour commémorer le dixième anniversaire des attentats jihadistes de Bruxelles, un événement qui a laissé des cicatrices indélébiles dans le pays.
Ces attaques, revendiquées par l'État islamique, ont coûté la vie à 32 personnes et fait plus de 300 blessés, marquant profondément l'histoire belge. Moins d'une semaine avant ces attentats, Salah Abdeslam avait été arrêté, précipitant une série d'actions violentes à travers l'Europe.
Les commémorations débuteront à 08H00 (07H00 GMT) à l'aéroport de Bruxelles-Zaventem, suivi d'une cérémonie à la station de métro Maelbeek, site de l'une des attaques. Le Premier ministre Bart De Wever et le couple royal, Philippe et Mathilde, participeront à un hommage national devant un monument dédié aux victimes.
Christelle Giovannetti, l'une des survivantes, exprimera son besoin de commémorer ces événements : "C'est primordial pour moi d'y être, c'est ma place", a-t-elle déclaré à l'AFP. Elle se souvient avec horreur du chaos dans le métro ce jour-là.
Alors que ces commémorations se déroulent sur fond de tensions au Moyen-Orient, les autorités françaises s'inquiètent d'éventuelles nouvelles attaques terroristes. Des incidents récents, dont une explosion à la synagogue de Liège, augmentent ce sentiment d'urgence.
La menace terroriste en Belgique demeure élevée, classée au niveau 3 sur 4. Un attentat survenu en octobre 2023 à Bruxelles a ranimé les inquiétudes, ayant coûté la vie à deux supporters de football suédois aux mains d'un tireur radicalisé.
Gert Vercauteren, directeur de l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace (Ocam), évoque le sentiment d'échec qui a touché la Belgique après les attentats de 2016 et souligne les leçons tirées depuis. Le partage d'informations entre justice, police et services de renseignement s'est largement amélioré.
Aujourd'hui, la Sûreté de l'État a accru ses effectifs, passant de 600 à 950 agents. Une nouvelle base de données commune sur les profils extrémistes, consultable par tous les services de sécurité, constitue selon Vercauteren une avancée majeure dans la lutte contre le terrorisme.
Cependant, dix ans après ces tragédies, certaines victimes font toujours face à des difficultés pour faire reconnaître leurs séquelles, qu'elles soient physiques ou mentales, ce qui limite leur accès à des indemnisations.
Le ministre de la Défense, Theo Francken, a reconnu des erreurs administratives dans le versement des indemnisations, visant à réparer les injustices subies par les victimes.







