Emmanuel Macron conclut mardi une visite d'État en Arménie, une ancienne république soviétique tentant de trouver un équilibre entre ses aspirations européennes et ses liens historiques avec la Russie. Cette visite s'achève par la signature de contrats destinés à renforcer une relation bilatérale déjà bien établie. En effet, la France abrite la plus importante diaspora arménienne après celles de Russie et des États-Unis, comptant environ 400.000 personnes. Cette longévité des relations entre les deux nations s'inscrit dans une histoire d'amitié et de solidarité envers ce petit État francophile de trois millions d'habitants.
Le président français a été chaleureusement accueilli, des dirigeants aux citoyens, qui l'ont applaudi dans les rues d'Erevan en s'écriant "Vive l'Arménie! Vive la France!". Lors de son discours d'ouverture, Emmanuel Macron a mis en lumière cette "relation singulière", rappelant l'accueil des réfugiés arméniens à Marseille, suite aux atrocités commises par l'Empire ottoman pendant la Première Guerre mondiale, et l'assistance de la France lors du tremblement de terre dévastateur de 1988.
Un soutien indéfectible dans un contexte difficile
La France a toujours été un soutien inébranlable pour l'Arménie, notamment face aux conflits meurtriers avec l'Azerbaïdjan depuis la chute de l'URSS en 1991. Emmanuel Macron a déclaré que beaucoup d'Européens regardaient l'Arménie avec une certaine méfiance alors même que d'autres cherchaient à établir des relations commerciales avec Bakou. Pendant la guerre autour du Haut-Karabakh en 2023, la Russie, avec ses 4.000 soldats stationnés en Arménie, s'est révélée absente au moment où la situation nécessitait son intervention.
"Le choix que vous avez fait de l'indépendance pleine et entière et de la paix dans cette région, le choix tourné vers l'Europe et la prospérité sont ceux que nous soutenons. Nous voulons être de cette aventure", a affirmé Emmanuel Macron lors d'un dîner organisé en son honneur.
Cependant, le rapprochement de l'Arménie avec l'Union européenne est freiné par les liens historiques avec Moscou, malgré des indications d'un changement imminent avec la décision de l'Arménie de geler sa participation dans l'Organisation du traité de sécurité collective en 2024. L'Arménie mise sur un avenir pacifique pour développer ses connexions économiques et commerciales, cherchant à sortir de son isolement géographique. L'Élysée a noté que cette nouvelle ère de coopération pourrait faire du Caucase un couloir stratégique entre l'Europe et l'Asie.
Un partenariat prometteur dans la défense et l'économie
Dans ce scénario, Emmanuel Macron et le Premier ministre Nikol Pachinian s'apprêtent à signer un partenariat stratégique visant à renforcer les efforts de défense. Les détails de ce partenariat incluent la commande de trois radars français et la formation de soldats arméniens. En outre, l'Arménie a déjà passé commande pour 36 canons Caesar pour 2024.
Des contrats dans le secteur des transports sont également à l'horizon, avec des débouchés potentiels pour Airbus et un engagement de l'État français pour le développement d'un tunnel sur l'axe routier nord-sud arménien.
Le président Macron prévoit de visiter le Mémorial dédié aux massacres d'Arméniens à Erevan et le musée Matenadaran, qui possède une vaste collection de manuscrits anciens arméniens. Une coopération sera également établie avec la Bibliothèque nationale de France, tandis que le président et le Premier ministre Pachinian iront à Gyumri, une ville marquée par le tremblement de terre tragique de 1988, ayant causé la mort de 25.000 personnes.







