Le Premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure, a déclaré dimanche qu'il n'est "pas juste" de ranger La France insoumise (LFI) dans la catégorie de l'extrême gauche. Il a critiqué ceux qui, selon lui, cherchent à normaliser l'extrême droite en chargeant la gauche radicale de ce poids.
La France insoumise, mouvement de gauche radicale établi en 2016, a pour la première fois été cataloguée comme un parti d'extrême gauche dans une circulaire récemment publiée par le ministère de l'Intérieur pour la classification des candidats dans les prochaines élections municipales.
Face à cette nouvelle, M. Faure a exprimé sa perplexité, soulignant lors de l'émission Dimanche en Politique sur France 3 : "Je ne sais pas si cela pose un problème pour LFI, mais je ne trouve pas cela juste." Il a fait référence au Conseil d'Etat, qui a déjà tranché en faveur de la position de LFI comme un parti de gauche radicale, ancré dans des démarches électorales et démocratiques.
La circulaire du gouvernement inscrit désormais LFI aux côtés de partis comme Lutte ouvrière et le Nouveau Parti anticapitaliste dans le bloc "extrême gauche".
Eric Coquerel, député de LFI, a qualifié cette classification de "délit d'opposition" dans un entretien accordé à France Inter. "Ce type de classement est censé éclairer le débat politique, mais nous ne faisons que nous exprimer par les urnes", a-t-il déclaré.
Manuel Bompard, coordinateur de LFI, a évoqué la possibilité de porter l'affaire devant le Conseil d'Etat, tandis que Jean-Luc Mélenchon, leader du mouvement, conteste cette étiquette d'extrême gauche, qu'il perçoit comme une tentation de le relier au Rassemblement national.
De son côté, Sébastien Chenu, vice-président du RN, a confirmé que La France insoumise correspond selon lui aux critères de l'extrême gauche : "un parti violent et anticapitaliste". Cette position a été relayée lors de l'émission Le Grand Jury.
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a, quant à lui, défendu la décision de classement, affirmant que "La France insoumise refuse toute forme de dialogue parlementaire", et criticant les appels fréquents à la censure. Cette situation a pour résultat une dynamique où certains avancent l'idée que des groupements cherchent à reléguer la gauche radicale hors du débat démocratique, ce qu'Olivier Faure dénonce également.







