Les Français continuent de rechercher des maisons avec jardin, et cela se traduit par une croissance exponentielle dans certaines communes du Puy-de-Dôme. Des villages naguère ruraux, tels que Saint-Bonnet-près-Orcival, Teilhède et Aubiat, connaissent une véritable transformation démographique entraînant à la fois des avantages et des désagréments. Lucie, une quadragénaire installée à Saint-Bonnet-près-Orcival, témoigne : « Nous avons choisi ce village pour son terrain abordable, et depuis, la population a fortement crû. »
Saint-Bonnet-près-Orcival, qui comptait moins de 400 soulignants dans les années 1980, approche aujourd'hui les 600 habitants. Selon les données publiées par l'INSEE, cette commune enregistre une augmentation record de 2,7 % par an entre 2017 et 2023, un chiffre qui contraste avec l'accroissement modeste de 0,27 % du département dans son ensemble. Teilhède, proche de Riom, partage cette dynamique, tandis qu'Aubiat, qui dépasse le millier d'habitants, est également en forte progression.
« L'attractivité de nos territoires a été boostée par des prix fonciers défiant toute concurrence par rapport à Clermont-Ferrand et Riom », explique Stéphane Bardin, maire d'Aubiat, qui voit dans cette tendance un rajout de services de proximité et d'écoles, des atouts indéniables dans la concurrence entre communes. Le télétravail, favorisé par le contexte de la pandémie, alimente également cet engouement pour les zones rurales.
Un afflux de nouveaux résidents et ses conséquences
Les nouveaux habitants soumettent cependant les infrastructures locales à rude épreuve. « Les gens cherchent la tranquillité à la campagne, mais leur arrivée amène parfois des nuisances, notamment en matière de circulation », pointe Stéphane Bardin. Le maire d'Aubiat a ainsi prévu l’extension du parking de la gare afin de gérer le stationnement, problème qui devient de plus en plus pressant.
À Saint-Bonnet-près-Orcival, la maire Michelle Gaidier a introduit des mesures pour gérer cette croissance rapide. Des chicanes ont été installées à l’entrée du village et un Plan local d’urbanisme (PLU) a été adopté. Le plan prévoit des restrictions sur les nouvelles constructions, limitant à 60 le nombre de nouveaux logements envisagés dans les dix prochaines années. « Nous voulons maintenir notre qualité de vie », affirme Gaidier.
Alors que les villages du Puy-de-Dôme s’adaptent aux demandes d’une population en pleine mutation, la question de l’équilibre entre développement et préservation de l'environnement reste cruciale. D'autres communes de la région, comme Vichy et Thiers, commencent à s'inspirer de ces réussites locales. Alain Dufour, urbaniste à Vichy, souligne l'importance de stratégies de développement durable : « La sagesse dans la croissance urbaine doit être notre priorité si nous voulons éviter des erreurs coûteuses. »
La montée démographique des villages du Puy-de-Dôme est donc synonyme d'une nouvelle dynamique, mais également d'un défi à relever pour les élus locaux et les habitants. Comment concilier le désir d’espace et de verdure avec les réalités d’une infrastructure qui doit également évoluer ? Seul l’avenir pourra répondre à cette interrogation.







