Ce vendredi, les députés devraient, à n'en pas douter, rejeter les deux motions de censure déposées par la gauche hors PS et par l'extrême droite. Ces motions sont une réponse au 49.3 qu'a déclenché Sébastien Lecornu sur la section "recettes" du budget, lui permettant de préparer un second 49.3 concernant la section "dépenses".
En prenant cette décision, le Premier ministre a rompu la promesse faite le 3 octobre de ne pas recourir au controversé article de la Constitution. En effet, mardi dernier, il a engagé la responsabilité de son gouvernement pour faire adopter cette première partie du texte sans vote, ce qui a suscité des critiques.
Dans la foulée, la France insoumise, accompagnée du groupe GDR (communistes et ultramarins) et des écologistes, a déposé une motion de censure commune. Le Rassemblement national et son partenaire, le groupe ciottiste UDR, ont également agi de même. Néanmoins, ces motions ne semblent pas avoir de chances de succès, car le PS et Les Républicains (LR) ont déjà annoncé qu'ils ne voteraient pas en leur faveur.
Le Parti socialiste, engagé dans un dialogue avec le gouvernement depuis l'automne, se satisfait d'avoir obtenu certaines concessions, même s'il n'adhère pas entièrement au texte. Bien qu'il déplore l'usage du 49.3, que Lecornu n'a pas souhaité utiliser, il considère que c'était la "moins mauvaise" option en l'absence d'une majorité pour soutenir le projet.
Dans sa motion, la gauche hors PS accuse le Premier ministre de "renier sa propre parole" et de mettre en place des "coupes budgétaires sans précédent" pour atteindre son objectif de déficit de 5%. Les critiques, portées par des membres comme Jean-Luc Mélenchon, estiment que les mesures proposées ne sont que de "la poudre aux yeux", citant par exemple la surtaxe sur l'impôt sur les sociétés, qui générera moins de revenus que prévu.
Pour les députés du RN et de l'UDR, le budget ne répond pas aux attentes, et ils critiquent un manque de mesures fiscales justes et d'économies structurelles. Ils notent également que ce budget continue d'alourdir le déficit national.
Après le rejet probable des motions, le gouvernement devrait activer sa responsabilité sur la section des dépenses du budget, engendrant de nouvelles motions de censure qui devraient elles aussi être rejetées en début de semaine prochaine.
Après une brève évaluation au Sénat, le texte finira par revenir à l'Assemblée nationale pour un ultime recours au 49.3, suivi de nouvelles motions de censure potentielles. Une fois ces étapes passées, le Premier ministre se rendra à Rosny-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, pour présenter un plan dédié au logement, intégrant certaines mesures issues du budget.







