Le ministère de l’Intérieur a présenté, le 27 janvier, des données clés sur l’immigration en 2025. Tandis que le nombre de titres de séjour a augmenté de 11,2%, les régularisations ont subi une chute de 10,1%.
La France a délivré 384 230 premiers titres de séjour en 2025, marquant ainsi une hausse significative par rapport à l'année précédente. En revanche, seulement 28 610 étrangers ont été régularisés, une baisse a été observée tant pour les raisons économiques (−11,5%) que familiales (−6,4%), comme l'indique la Direction générale des étrangers en France (DGEF) dans ses rapports.
Un durcissement des conditions de régularisation
Guillaume Mordant, statisticien à la DGEF, a mentionné que la baisse des régularisations est notamment liée à la politique de durcissement introduite par la circulaire Retailleau, mise en œuvre en janvier 2025. Cette directive vise à rappeler que les régularisations doivent rester des exceptions et a complexifié l’accès à ces procédures.
Concernant les titres de séjour, les motifs académiques restent prépondérants : 118 000 titres ont été délivrés aux étudiants, suivis des motifs humanitaires, dont le nombre a grimpé de 65% à 92 600. Toutefois, les demandes pour des raisons économiques ont connu un recul de 13%, en lien avec des mutations du marché du travail. Mordant a précisé : « La baisse est observée tant pour les salariés que pour les motifs saisonniers. »
Sur le plan des interpellations, une hausse de 30% a été notée, affectant particulièrement les ressortissants algériens (+52%), tunisiens (+33%) et marocains (+19%). Parallèlement, les éloignements forcés ont bondi de 21% pour atteindre 15 569 expulsions.
Baisse des demandes d’asile : un phénomène marqué
Les demandes d'asile ont également enregistré une diminution de 3,7%, totalisant 151 665 demandes. Mordant a commenté cette tendance, soulignant qu'il s'agissait de la deuxième baisse consécutive. Les principaux pays d'origine des demandeurs sont l'Ukraine, la RDC et l'Afghanistan, tous trois établissant autour de 11 500 demandes.
Enfin, le nombre de personnes ayant acquis la nationalité française a baissé de 6,8% à 62 235, attribuée notamment à la réduction de 13,5% des acquisitions par décrets. Cela découle des nouvelles directives mises en place en mai 2025, rendant ces processus plus restrictifs.
Ces évolutions interrogent sur l’avenir de l’immigration en France et soulèvent des questions sur les politiques à venir. La situation nécessite une attention accrue et un débat approfondi autour des enjeux migratoires et des droits des étrangers sur le territoire national.







