Après une longue période d'intempéries, la France s'engouffre dans une phase printanière sans précédent, culminant le mercredi 25 février avec des températures dépassant 20 °C. Si cette pause météorologique est appréciée, elle insiste aussi sur le réchauffement climatique et ses implications pour la flore.
Les Français peuvent enfin profiter d'un rayon de soleil après un mois rempli de tempêtes et de crues, notamment dans la Charente et le bassin de la Loire. Ce phénomène est attribué au retour de l’anticyclone des Açores qui apporte un air chaud du sud, dégageant ainsi les dépressions vers le nord.
Ce redoux a commencé dès le début de la semaine dans les régions méditerranéennes, et dès le 23 février, il se propageait à l'ensemble de la moitié sud de la France. Selon Météo France, des températures supérieures aux moyennes saisonnières étaient attendues, atteignant jusqu’à 25 °C dans certaines régions comme les Landes et les Pyrénées.
Il est prévu qu'un pic thermique soit atteint le 25 février, avec une température pouvant atteindre 20 °C à Paris, un seuil que la capitale a seulement franchi cinq fois depuis 1900, et déjà deux fois depuis 2019.
Cependant, cet « faux printemps », bénéfique pour le moral, présente des risques pour les écosystèmes. L’ingénieur agronome Serge Zaka souligne que ce redoux pourrait induire des floraisons précoces, rendant les bourgeons vulnérables en cas de gel ultérieur, comme cela s'est produit en 2022, où des bourgeons printaniers ont gelé, impactant la production fruitière.
Des floraisons précoces et sensibles au gel
« Dans ce contexte, des records de précocité de floraison sont plausibles cette année », alerte Zaka. Les sols saturés d'eau favorisent également une croissance rapide des végétaux. Ces bourgeons, formés prématurément, pourraient souffrir des intempéries à venir.
Si des périodes de chaleur en février ne sont pas inédites, le réchauffement climatique amplifie ce phénomène. Avec des températures globalement plus élevées, notamment provenant du Maghreb, la France subit des vagues de chaleur renforcées.
Le mois de février 2026 pourrait déjà se classer parmi les plus doux de l’histoire, affichant un excédent de 3,4 °C, proche du record de 3,5 °C établi en 2024.
Chaud ne signifie pas sec
Malgré les températures élevées, la sécheresse n'est pas au menu. L'hiver 2025-2026 sera l'un des plus humides depuis 1959, selon Météo France, et février 2026 pourrait établir un record de précipitations. Une atmosphère plus chaude retient davantage de vapeur d'eau, augmentant les risques de pluie forte.
La trêve actuelle risque d'être de courte durée, avec une nouvelle dépression pluvieuse prévue pour la fin de semaine. En revanche, le mois de mars devrait être plus frais, avec des températures moyennes entre 5 et 12 °C et moins de jours de pluie, d'après La Chaîne Météo.







