Les résultats d'études récentes coordonnées par l'Inserm jettent la lumière sur les implications sanitaires des colorants et conservateurs alimentaires, révélant des liens alarmants avec des maladies graves telles que le cancer, le diabète de type 2, et des problèmes cardiovasculaires.
Des codes comme E 100, E 199 ou E 300 masquent des substances souvent inquiétantes. Les travaux de Mathilde Touvier, directrice de recherche à l'Inserm, montrent qu'il existe une association significative entre la consommation de ces additifs et l'augmentation des risques de maladies chroniques. Selon une déclaration de l'institut, 'Nous manquons d'études épidémiologiques examinant leurs liens avec l'incidence de maladies chroniques.'
Les données sont frappantes : les chercheurs rapportent une hausse de 38 % du risque de diabète de type 2 chez les plus grands consommateurs de colorants. Parmi eux, la curcumine (E 100) se distingue avec un risque accru de 49 %. Même les caramels affichent une hausse de 43 % en matière de risques.
Concernant les risques liés au cancer, il a été observé une augmentation de 14 % des risques en lien avec les colorants alimentaires. Des substances comme le bêta-carotène (E160a) sont particulièrement préoccupantes, affichant un risque de 16 %, tandis que pour le cancer du sein, ce chiffre grimpe à 41 %.
Les conservateurs ne sont pas en reste ; ils augmentent le risque d'hypertension de 24 % chez les consommateurs les plus exposés. Parmi ces substances, le sorbate de potassium (E202) et l'acide citrique (E330) montrent respectivement des augmentations de 39 % et 25 % de risques. De plus, selon l'étude, l'acide ascorbique (E300) serait associé à une augmentation de 15 % des maladies cardiovasculaires.
Une étude sur plus de 100 000 participants
Cette analyse repose sur une cohorte de plus de 100 000 personnes au sein de l'étude NutriNet-Santé, qui scrute l'alimentation et la santé des Français. Le consortium de recherche, incluant l'Inrae et plusieurs universités, a publié ses résultats dans des revues scientifiques de renom telles que Diabetes Care et European Journal of Epidemiology.
Le problème est loin d’être anodin, car plus de 139 000 produits alimentaires recensés dans la base de données Open Food Facts contiennent au moins un additif colorant, et plus de 700 000, un conservateur. Face à ces révélations, les chercheurs plaident pour 'une réévaluation des additifs par les autorités sanitaires afin d’intégrer ces nouvelles connaissances scientifiques.'







