Lors d'une interview sur BFMTV-RMC, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a souligné que la France avait réussi à "faire bouger les lignes" concernant l'accord de libre-échange entre l'Union européenne et le Mercosur. Bien qu'elle n'ait pas empêché la signature de cet accord, elle a mis en avant des changements cruciaux tels que l'inclusion d'une clause de sauvegarde et une réciprocité des normes, des éléments qui n'étaient pas présents dans les premières discussions.
Pour Genevard, ces avancées représentent un succès dans un combat plus large pour protéger l'agriculture française. "Cela fait des mois que je parcours les capitales européennes pour convaincre nos partenaires de la nécessité de modifier cet accord, que j'ai toujours considéré comme défavorable", a-t-elle déclaré. Ainsi, le texte qui sera finalement signé au Paraguay diffère substantiellement de celui proposé précédemment à Montevideo, mettant en lumière l'influence que la France a pu exercer.
Les inquiétudes restent cependant palpables parmi les agriculteurs, qui redoutent un afflux de produits agricoles bon marché d'Amérique du Sud. Cette crainte a catalysé des mobilisations massives à travers la France, avec des manifestations organisées concernant la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse. Des actions de blocage ont eu lieu à La Rochelle et à Bayonne, et un grand rassemblement est prévu à Strasbourg pour maintenir la pression sur les eurodéputés. Ces derniers doivent encore voter sur la ratification de l'accord, un processus qui pourrait s'avérer conflictuel en raison des préoccupations nationales.
Un rapport publié par Le Monde souligne que l'accord, qui s'est construit sur plus de 25 ans de négociations, est perçu par ses soutiens comme un levier vital pour les exportations européennes et le renforcement des liens diplomatiques. Toutefois, des experts, dont Jean-Pierre Garon, économiste à l'INRA, mettent en garde contre les effets néfastes d'une ouverture excessive du marché à des produits moins chers, qui pourraient nuire à la durabilité du secteur agricole français. "Nous devons garder à l'esprit la nécessité de maintenir des normes environnementales élevées tout en protégeant nos producteurs locaux," a-t-il ajouté.







