Thierry C. et Christophe J., désormais radiés de leurs fonctions, ont été condamnés à quatre et cinq ans d'emprisonnement pour avoir échangé 9 kg de cocaïne avec des matériaux inoffensifs tels que du plâtre et de la pâte à sucre. Ils affirment n’avoir jamais eu l'intention de revendre cette drogue, mais la cour a statué autrement.
L'affaire, d'une ampleur inattendue, a été jugée en public malgré la demande des prévenus de figer les audiences. Les condamnations ont été prononcées avec un mandat de dépôt à effet différé.
Une complicité troublante
Les deux hommes, un capitaine et un brigadier, ont été arrêtés en décembre 2022, après plusieurs mois d'enquête. Ils avaient déjà été suspendus de leurs fonctions, mais la cour a également prononcé une interdiction définitive d'exercer toute activité dans la fonction publique. Leur modus operandi consistait à récupérer des saisies de drogue pour les remplacer par des substituts inoffensifs.
En septembre dernier, la présidente du tribunal a évalué que la valeur marchande de la cocaïne détournée atteignait jusqu'à 630 000 euros. Cependant, les preuves n'ont pas confirmé une vente des substances illicites, et ils ont donc été poursuivis pour détention et transport de stupéfiants.
Lors de leur témoignage, ils ont déclaré que les drogues étaient cachées dans un faux plafond. Ils ont invoqué des motifs personnels comme la pression au travail et des problèmes émotionnels liés à l'angoisse générée par le Covid-19. Thierry C. a exprimé plus tard son regret, « C'est probablement l'action la plus insensée et irresponsable que j'aie commise ».
Une décision qui interpelle
La gravité des peines prononcées témoigne d'un besoin urgent de rétablir la confiance en la déontologie policière. Le tribunal a jugé que les motivations avancées par les prévenus n'étaient pas suffisantes pour justifier leur comportement. Les experts soulignent qu'il est crucial que des mesures soient mises en place pour prévenir de tels comportements à l'avenir.
L'affaire a suscité de nombreuses réactions dans les médias, notamment selon Le Parisien, et soulève des questions concernant le soutien psychologique dont bénéficient les forces de l'ordre. La réflexion sur la culture au sein de la police est plus que jamais d'actualité.







