Jair Bolsonaro, l'ancien président brésilien d'extrême droite, a récemment été transféré vers une prison offrant des conditions de détention jugées plus favorables. Le juge de la Cour suprême, Alexandro Moraes, a annoncé ce changement après avoir rejeté la demande de Bolsonaro de purger sa peine, qui s'élève à vingt-sept ans, dans le confort de son domicile à Brasilia. Ce refus fait suite à des préoccupations quant à l'état de santé de Bolsonaro, qui a multiplié les hospitalisations depuis son incarcération fin novembre.
Pour l'heure, il se trouve dans une cellule de 65 m2 au complexe pénitentiaire de Papuda, où il bénéficie de plus d'espace et de la possibilité de faire de l'exercice, intégrant un tapis de course et un vélo d'appartement pour répondre à ses besoins médicaux. Cette transition intervient peu après un procès historique au Brésil, où Bolsonaro a été reconnu coupable de conspiration pour tenter de maintenir son pouvoir de manière autoritaire après sa défaite en 2022 face à Luiz Inacio Lula da Silva.
Selon le tribunal, les conditions de sa détention actuelle sont encore « plus favorables » que celles précédentes, qui étaient déjà qualifiées d'exceptionnelles. Auparavant, Bolsonaro se trouvait dans une cellule individuelle d'environ 12 m2, dotée de la climatisation et d'un téléviseur. Dans sa nouvelle cellule, il est isolé des autres détenus, ce qui, selon les autorités, garantit sa sécurité et son confort.
Cependant, la famille de Bolsonaro a dénoncé ce transfert, qualifiant la décision du juge Moraes de « cruauté » et d'« inhumanité ». Carlos Bolsonaro, l'un de ses fils, a exprimé son indignation sur les réseaux sociaux, appelant à des traitements plus humains pour son père. Cette situation a suscité des critiques au sein du grand public et parmi les partisans de l'ex-président, qui continuent à plaider pour une révision des conditions de détention du leader.
Des experts en droit pénal, cités par Le Monde, soulignent que cette décision pourrait avoir des implications sur la perception publique de la justice au Brésil. Ils insistent sur le fait que des normes équitables de traitement des prisonniers devraient prévaloir, indépendamment du statut politique, et que la société doit garder un œil vigilant sur l’égalité devant la loi.
Alors que Bolsonaro fait face à une peine inéligible pour les futures élections, son camp cherche à réduire son temps d'incarcération. Le Parlement, majoritairement conservateur, a proposé des modifications législatives qui pourraient alléger la peine de l’ancien président, ce qui reste un sujet controversé.







