Ce vendredi, la France et le Canada ont marqué un tournant diplomatique en inaugurant chacun un consulat général à Nuuk, la capitale du Groenland. Cet événement symbolise un soutien fort au gouvernement local et une réponse aux tensions croissantes avec l'administration Trump, qui envisageait de racheter ce territoire danois.
Anita Anand, la ministre canadienne des Affaires étrangères, a déclaré : "C'est une journée très importante pour nous comme pays". Elle a hissé le drapeau canadien avec une délégation inuite de 76 personnes venues de l'Inuit Nunangat, saluant ce moment historique.
Le consul général de France, Jean-Noël Poirier, bien qu'il n'ait pas encore de bureaux à Nuuk, a pris ses fonctions en rencontrant le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen. M. Poirier a souligné l'importance politique de l'ouverture du consulat au regard des développements récents, ajoutant que cela reflétait la volonté de la France de soutenir le Groenland.
Le politologue Jeppe Strandsbjerg de l'Université du Groenland a exprimé que "c'est une victoire pour les Groenlandais". Il a fait remarquer que le soutien international est d'autant plus valorisé face aux remarques du président Trump, soulignant que les Groenlandais se sentent renforcés par cette solidarité.
L'ouverture de ces consulats survient à un moment où les discussions autour de l'avenir du Groenland deviennent de plus en plus pressantes. Un groupe de travail vient d'être formé entre les États-Unis, le Groenland et le Danemark pour examiner les options de coopération sur cette île arctique.
Les deux pays sont également soutenus par les nations européennes, la France étant le premier État membre de l'UE à ouvrir un consulat sur l'île. M. Poirier, ancien ambassadeur en Vietnam, a souligné l'importance d'écouter et de soutenir le peuple groenlandais dans leurs préoccupations, marquant ainsi une nouvelle étape vers la reconnaissance de leur autonomie.
Pour le Groenland, cette ouverture de représentations diplomatiques signifie aussi la possibilité d'établir des relations directes avec d'autres pays, réduisant ainsi la dépendance au Danemark. Christine Nissen, analyste du think-tank Europa, a noté que "les Groenlandais cherchent à diversifier leurs relations pour renforcer leur souveraineté, économique et politique".
Un brise-glace canadien, le Jean Goodwill, a récemment accosté à Nuuk pour effectuer des exercices conjoints avec un navire danois, montrant ainsi une volonté de coopération renforcée dans la région.
Le Groenland a déjà des représentations diplomatiques auprès de plusieurs entités depuis plusieurs années, mais l'ouverture conjointe des consulats par ces deux pays alliés représente un nouveau chapitre dans sa quête d'autonomie et de reconnaissance sur la scène internationale.







