Paris (France) – L'écho des déclarations d'Arno Klarsfeld, juriste reconnu et associé de la lutte contre l'impunité des nazis, a rapidement suscité une onde de choc à travers le pays. Le parquet de Paris a ouvert une enquête à la suite de ses propos, tenus lors d'un débat sur CNews, où il a appelé à "organiser (...) de grandes rafles" visant les étrangers en situation irrégulière.
Confiée à la Brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP), l'enquête a été initiée suite à un signalement effectué par un député de Charente, comme l’a rapporté l'AFP. Klarsfeld a déclaré : "C'est compliqué de se débarrasser de tous les asociaux qui sont OQTF" (sous obligation de quitter le territoire français). Il a ensuite précisé que, pour se débarrasser de ces personnes, il serait nécessaire de procéder de manière similaire à ce que fait la police de l'immigration américaine, l'ICE.
Ses remarques, d'une portée controversée, ont entraîné un fort tollé au sein de la société française et plusieurs signalements à l'Arcom ainsi qu'à la justice. Selon le quotidien Le Monde, ces commentaires ont été jugés d'une grave légèreté par de nombreux observateurs et spécialistes, provoquant un débat sur la déshumanisation des migrants.
Une procédure disciplinaire a également été engagée par le Conseil d'État, où Klarsfeld occupe un poste depuis 2010. Le juriste risque une sanction pouvant aller d'un simple avertissement à la radiation, en passant par le blâme ou la suspension temporaire.
Face à la colère publique, Klarsfeld a tenté de justifier ses propos sur X, déclarant : "Sur le mot +rafle+, il suffit de se rapporter au dictionnaire". Il a aussi précisé qu'il ne s'agissait pas d'une comparaison valide entre l'arrestation d'étrangers et la déportation des enfants juifs durant l'Holocauste. Par ailleurs, il a saisi la justice pour "incitation à la haine", déplorant les attaques virulentes qu'il a subies sur les réseaux sociaux.
La question se pose maintenant de l'impact de telles déclarations sur le climat politique et social en France, notamment à un moment où les débats sur l'immigration sont plus vifs que jamais. Des experts tels que la sociologue Roxane Varza affirment que "des discours de ce type peuvent exacerber les tensions sociales et renforcer la stigmatisation des migrants".







