La ville de Kherson, située au sud de l’Ukraine, paye un lourd tribut pour sa proximité avec les positions russes de l’autre rive du Dniepr. En effet, seulement deux kilomètres séparent les habitants de l’horreur des conflits, ce qui rend leur situation particulièrement délicate.
Lors d'un entretien, Oleksander Prokudin, le chef de l’administration militaire de Kherson, révèle son fardeau : "La guerre doit s'arrêter. Elle pourrait prendre fin à l'été 2027". À 42 ans, cet ancien officier de police a vu la ville passer par une période difficile. Sa prise de fonction, il y a trois ans, a coïncidé avec la contre-offensive héroïque de l'automne 2022, qui a mis fin à l'occupation russe de la rive droite du Dniepr.
"Kherson est libérée, mais elle reste aussi "outragée, brisée, martyrisée", comme le disait le général de Gaulle à ses contemporains à Paris en 1944. La ville se retrouve au cœur du conflit, illustrant le dilemme tragique des habitants, qui vivent dans l'incertitude et la peur. En comparaison, Prokudin exprime une certaine envie envers les villes comme Odessa et Mykolaïv, qui semblent être davantage à l'abri des attaques immédiates.
Les témoignages des résidents font écho aux réflexions de Prokudin, révélant un quotidien marqué par des pratiques de survie sous terre. Beaucoup trouvent refuge dans des abris camouflés, espérant que la guerre finisse un jour. Les experts militaires, comme ceux consultés par France 24, affirment que les risques demeurent élevés, exacerbant l'angoisse des citoyens.
Le contraste est saisissant entre le désir de paix et la réalité quotidienne. Des mesures de sécurité sont mises en place, mais la vie reste pleine d'insécurité. Cette zone de la ligne de front, où la bravoure des Ukrainiens est mise à l'épreuve, devient un symbole de la lutte acharnée pour la survie dans une région aux enjeux géopolitiques cruciaux.







