La nomination d'Amélie de Montchalin à la Cour des comptes suscite la controverse

Une décision qui divise et remet en question l’impartialité des institutions.
La nomination d'Amélie de Montchalin à la Cour des comptes suscite la controverse
La nomination d’Amélie de Montchalin à la Cour des comptes ne fait pas l’unanimité à l’Assemblée nationale. © (Photo AFP)

« Nous avons confiance dans le mécanisme de la Cour et dans la rigueur d’Amélie de Montchalin », a déclaré Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, lors des questions au gouvernement, le 10 février 2026.

« République des copains » ou « verrouillage » des postes : l’opposition a exprimé de vives critiques sur la nomination par Emmanuel Macron de l’actuelle ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, à la tête de la Cour des comptes, mettant en avant des préoccupations concernant un conflit d'intérêts.

Cette nomination, révélée par Le Figaro et confirmée par une source officielle, sera officialisée lors du conseil des ministres. Amélie de Montchalin deviendra la première femme à diriger la Cour des comptes, une institution vieille de plus de deux siècles.

Une question de conflits d’intérêts

Cette décision, qui agite même les membres de la coalition gouvernementale, a fait l'objet de nombreuses questions à l’Assemblée nationale, le même jour, notamment de la part de LFI, du RN et du PS.

« La charte de déontologie des juridictions financières stipule clairement neutralité et indépendance. Étant encore ministre, Madame de Montchalin ne remplit pas ces critères », a lancé Éric Coquerel (LFI), président de la commission des Finances, qui avait déjà eu des échanges tendus avec elle sur la loi de finances 2026.

« Nous avons confiance dans le mécanisme de la Cour et dans la rigueur morale d'Amélie de Montchalin », a rétorqué Maud Bregeon. « Est-il acceptable qu'un politique dirige la Cour des comptes ? Oui, et les précédents le montrent. Le fonctionnement collégial de la Cour permet d'assurer l'impartialité. Amélie de Montchalin sera entourée de plusieurs présidents pour garantir cette diversité des opinions », a-t-elle ajouté.

La controverse persiste sur l'intention perçue d'Emmanuel Macron de nommer ses proches à la tête d'institutions clés alors qu'il approche de la fin de son mandat. En mars 2025, la nomination de Richard Ferrand, un proche du président, à la tête du Conseil constitutionnel avait déjà suscité des critiques virulentes.

Avec AFP

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