La campagne électorale en Colombie, en vue des législatives et de la présidentielle, est marquée par une escalade de violences. Une sénatrice indigène, Aida Quilcué, a été kidnappée pendant plusieurs heures dans une région contrôlée par des dissidences des Farc, le jour même où le président Gustavo Petro dénonçait une tentative d’assassinat à son encontre.
Les élections, prévues respectivement pour le 8 mars et le 31 mai, se déroulent dans un climat de peur. Les menaces à l'encontre de politiques, de candidats et de leaders sociaux se multiplient, exacerbées par le pouvoir que détiennent différents groupes armés liés au narcotrafic dans le pays. Selon une analyse de l'agence de presse AFP, ces factions contrôlent de larges territoires, rendant la situation d'autant plus précaire pour ceux qui osent se dresser contre elles.
La sénatrice libérée
Aida Quilcué, âgée de 53 ans, a été brièvement enlevée dans le Cauca, une région connue pour la production de coca. Son enlèvement a été rendu public après que son véhicule, présent au moment de l’incident, a été retrouvé abandonné. Des membres de sa communauté indigène ont réussi à intervenir et à la libérer. Des images diffusées par le ministre de la Défense, Pedro Sanchez, montrent la sénatrice, visiblement ébranlée mais en sécurité, sortant d'un véhicule blindé.
Elle a déclaré dans une vidéo : "Je vais bien", tout en exprimant sa gratitude envers ceux qui ont contribué à sa libération. Cette situation met en lumière la vulnérabilité des leaders communautaires dans un contexte où des groupes armés tentent de faire taire toute opposition.
Petro sous pression
Parallèlement, Gustavo Petro a révélé qu'il a échappé à une potentielle tentative d'assassinat lors d'un déplacement en hélicoptère, expliquant que son équipe redoutait des tirs sur l’appareil. Cette déclaration fait écho aux alertes qu'il a déjà lancées en ce qui concerne sa sécurité. Au pouvoir depuis 2022, il est depuis longtemps la cible des narcotrafiquants, et des informations indiquent que des pistes d’enquête se penchent sur des connexions avec ses opposants politiques, notamment Donald Trump, qui a récemment appelé à un renforcement des actions contre les cartels.
Au milieu de ce climat violent, plusieurs experts s'interrogent sur l'avenir des institutions démocratiques en Colombie. "La violence électorale est une menace sérieuse pour la démocratie, et il est essentiel que la communauté internationale intervienne", a déclaré une analyste politique, selon des sources locales. Alors que la Colombie demeure le premier producteur mondial de cocaïne, les défis auxquels est confrontée la démocratie dans le pays ne font que s'accroître.
Alors que la campagne électorale continue de s'intensifier, les Colombiens s'inquiètent de l'avenir et de la sécurité de leurs représentants.







