Le président des États-Unis, Donald Trump, s'apprête à abroger le 12 février prochain une décision capitale de l'Agenc
Cette action est perçue par ses détracteurs comme l'un des coups les plus sévères porté à l'action climatique aux États-Unis. En 2007, la Cour suprême avait ordonné à l'EPA de réaliser une étude scientifique visant à identifier les gaz à effet de serre nocifs pour la santé humaine. En 2009, l'agence avait abouti à l’Endangerment finding, listant six gaz, dont le dioxyde de carbone et le méthane, comme polluants.
Ce classement a été la pierre angulaire des efforts de régulation, en renforçant les normes des secteurs émetteurs tels que les véhicules, l'aviation et l'industrie énergétique. Selon les experts, l'Endangerment finding a aidé à améliorer la qualité de l'air et, par conséquent, la santé publique des Américains. En somme, ce texte est devenu les fondations de la lutte contre le changement climatique aux États-Unis.
« Le plus grand acte de dérégulation de l’histoire américaine »
Pour Donald Trump, l’Endangerment finding représente simplement une entrave à l'économie. Sa porte-parole, Karoline Leavitt, a qualifié cette abrogation de « plus grand acte de dérégulation de l’histoire américaine », arguant que cela conduira à des économies pour les consommateurs.
Le président estime même que la suppression de ce cadre réglementaire pourrait réduire le coût des voitures neuves d'au moins 1000 dollars. L'administration américaine défend également que les gaz à effet de serre ne devraient pas être considérés comme des polluants, leurs effets étant considérés comme indirects.
Cependant, cette décision suscite de vives critiques parmi la communauté scientifique et les organisations écologiques. Dan Becker, de l'ONG Center for Biological Diversity, s'indigne : « Trump conduit le pays vers une impasse faite de pétrole sale et d'air pollué. »
Une bataille judiciaire en perspective
Les adversaires de cette abrogation prévoient de contester cette décision en justice. Manish Bapna, président de l'organisation NRDC, a déclaré : « Nous les verrons au tribunal ». De nombreuses ONG et élus démocrates s'apprêtent à soutenir cette bataille. Le gouverneur de Californie, Gavin Newsom, a qualifié cette mesure d'« illégale », affirmant qu’elle « ignore les données scientifiques et nie la réalité ».
En juillet dernier, plus de 1000 scientifiques avaient déjà mis en garde sur les conséquences d'une telle régression, rappelant que « la preuve du changement climatique causé par l'homme était indiscutable en 2009 » et que la situation s’est depuis aggravée.
Il est donc fort probable que cette révocation soit soumise à un examen judiciaire, pouvant aller jusqu'à la Cour suprême. Cette décision survient alors que 2025 est prévue par les climatologues comme étant l'année la plus chaude enregistrée sur Terre.







