Le festival de cinéma de Berlin entame sa 76e édition avec une sélection variée de films reflétant les tensions sociopolitiques contemporaines, présidée par Wim Wenders, figure emblématique du cinéma allemand.
« Dans un monde fracturé, la défense de notre liberté artistique est plus cruciale que jamais », déclare la directrice du festival, Tricia Tuttle, dans un entretien exclusif accordé à l'AFP.
Le ministre allemand de la Culture, Wolfram Weimer, a également pris position : « Les régimes autoritaires craignent les esprits créatifs. Le cinéma est une arme dans la lutte pour la liberté et la dignité. » Il a évoqué spécifiquement les situations complexes en Iran et au Venezuela, soulignant l'importance de ne pas céder face à la tyrannie.
Alors que la Berlinale est traditionnellement le premier grand événement cinématographique annuel, l'édition de cette année s'annonce tout aussi politique. Si les enjeux immédiats sont réduits par rapport à l'année précédente, les inquiétudes concernant la répression en Iran et les autres tensions mondiales continueront d'influencer le festival, souvent perçu comme progressiste.
Tricia Tuttle note que plusieurs thèmes majeurs émanent de la programmation, dont la pression sur la famille et l'intimité, ainsi que le dialogue sur comment nos vies privées sont modelées par des dynamiques politiques et sociales plus larges.
- Film d'ouverture afghan -
La cérémonie d'ouverture, prévue pour 19h00 locales, mettra en lumière l'actrice malaisienne Michelle Yeoh, oscarisée pour "Everything, Everywhere, All at Once", reconnue pour ses performances dans le cinéma d'action asiatique.
Au total, près de 200 films, dont 22 en compétition officielle, seront projetés jusqu'au 21 février, cherchant à succéder à "Rêves" du Norvégien Dag Johan Haugerud, lauréat de l'Ours d'Or en 2025.
Le festival se distingue à nouveau par une forte représentation féminine, avec un film d'ouverture signé par la réalisatrice afghane Shahrbanoo Sadat, qui, dans "No Good Men", narre l'histoire de Naru, une journaliste à Kaboul, en quête d'espoir malgré les défis personnels et politiques. Shahrbanoo, ayant fui son pays en 2021, nous offre un regard précieux sur l'expérience des femmes afghanes.
Un autre film hors compétition, "Roya" de Mahnaz Mohammadi, s'intéresse au dilemme moral d'une enseignante confrontée à des choix déchirants dans la répression iranienne.
Contrairement aux festivals de Cannes ou de Venise, la Berlinale privilégie des œuvres moins commerciales mais tout aussi percutantes. Parmi les films notables, "The Weight", mettant en vedette Ethan Hawke et Russell Crowe, explore la survie dans l'Oregon des années 1930.
Le Brésilien Karim Aïnouz présente "Rosebush Pruning", décrit comme une satire de la famille patriarcale, avec un casting prometteur incluant Elle Fanning et Jamie Bell, qui devrait illuminer le tapis rouge cette semaine.
Enfin, deux personnalités françaises, Juliette Binoche et Isabelle Huppert, défendront leurs films respectifs, chacun abordant des luttes émotionnelles et existentielles, ajoutant ainsi une touche de prestige à cette édition riche en contenu.







