Washington (États-Unis) (AFP) – Donald Trump s'apprête à annoncer l'abrogation, ce jeudi, d'un texte essentiel à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre aux États-Unis. Cette initiative suscite une vive réaction des scientifiques et des défenseurs de l'environnement qui voient en elle un retour en arrière dangereux.
Cette décision, qui devrait être contestée en justice, menace sérieusement les efforts climatiques de la première puissance mondiale, connue pour son rôle historique dans l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre. Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, a déclaré que cela constituerait “le plus grand acte de dérégulation de l'histoire américaine”, en arguant que cette mesure permettrait d'alléger le fardeau économique pour les Américains.
Le président fera cette annonce en compagnie de Lee Zeldin, le responsable de l’Agence de protection de l’environnement (EPA). Ce texte, connu sous le nom de constat de mise en danger (« Endangerment finding »), a été adopté en 2009 sous l’administration de Barack Obama. Il qualifie six gaz à effet de serre comme dangereux pour la santé publique, rendant possible l'instauration de réglementations fédérales sur leur rejet, notamment pour les véhicules.
En éliminant ce cadre réglementaire, l'administration Trump pourrait abroger plus facilement ces régulations, en parallèle de la suppression des normes d'émissions de gaz à effet de serre pour les voitures et camions.
Consternation scientifique
En tant que fervent défenseur des énergies fossiles, Donald Trump a entamé une régression significative dans le domaine climatique. Cette démarche a provoqué l'indignation de nombreux scientifiques qui jugent cette mesure non seulement déconnectée de la réalité, mais également nuisible pour le bien commun. Plus de 1 000 scientifiques et experts ont exprimé leur inquiétude dans une lettre ouverte, rappelant que les preuves du changement climatique d'origine humaine sont de plus en plus alarmantes.
Les organisations environnementales sont également en émoi. Dan Becker, de l'ONG Center for Biological Diversity, a accusé Trump de mener le pays vers une crise environnementale, avec des conséquences dramatiques pour la santé publique et la qualité de l'air.
Bataille judiciaire
Ce changement de cap intervient alors que 2025 a été désignée par les climatologues comme la troisième année la plus chaude jamais enregistrée. Les effets du dérèglement climatique sont déjà tangibles aux quatre coins des États-Unis et dans le reste du monde. Malgré ces enjeux majeurs, l'action contre les gaz à effet de serre est à l'arrêt depuis deux ans, face à des investissements insuffisants dans les technologies à faible émission de carbone.
Il est donc probable que cette abrogation fasse l'objet de batailles judiciaires, le dossier pouvant même atteindre la Cour suprême. Bien que majoritairement conservatrice, cette dernière s'est montrée ouverte à des revirements de jurisprudence, notamment en ce qui concerne des décisions antérieures qui ont conduit à l’établissement de l’EPA.
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