Le ministère de la justice américain a récemment affirmé qu'il avait enregistré les recherches effectuées par des élus dans le dossier Epstein pour éviter la diffusion d'informations sensibles concernant les victimes. Cette démarche suscite la colère des élus démocrates du Congrès qui s'estiment surveillés dans l'exercice de leurs fonctions.
« Il est totalement inacceptable et contraire à la séparation des pouvoirs que le ministère de la justice surveille nos investigations judiciaires, notamment dans un dossier aussi délicat que celui d'Epstein », a déclaré Pramila Jayapal, élue démocrate de l'État de Washington, lors d'une audition ce jeudi. Ses paroles résonnent comme la voix de nombreux autres démocrates qui ont pris position contre cette pratique. Selon Le Monde, plusieurs élus ont eu accès cette semaine à des documents non caviardés concernant Epstein, mort en prison en 2019, et leurs recherches au sein du ministère sont désormais étroitement suivies.
La ministre de la justice, Pam Bondi, a reconnu, lors d'une précédente audition, que des documents contenant les recherches des élus avaient été examinés. « C'est scandaleux », a réitéré Jayapal sur les réseaux sociaux, signalant un climat de méfiance palpable envers l'administration actuelle.
Pour Hakeem Jeffries, chef de la minorité démocrate, cette surveillance n'est guère surprenante : « Il n'y a pas de limites à ce que l'administration Trump est prête à faire pour s’imposer. Cela démontre l’absence de scrupules de ces individus qui poursuivent des objectifs douteux », a-t-il déclaré.
Des critiques aussi chez les républicains
Fait intéressant, l'atteinte à la transparence a également suscité des critiques parmi certains républicains, comme le président républicain de la Chambre, Mike Johnson, qui a insisté sur le fait que les membres du Congrès devraient pouvoir accéder librement aux documents. « Il n'est pas approprié de surveiller leurs démarches », a-t-il commenté, malgré des spéculations sur de potentielles négligences de la part du ministère.
Dans le même esprit, des membres de la commission judiciaire de la Chambre ont accusé Pam Bondi d'« étouffer » l'affaire Epstein en transformant le ministère en instrument de vengeance pour la Maison Blanche. Ces accusations sont renforcées par les récents révélations concernant le contenu caviardé des documents, soulevant des questions sur les véritables intentions de l'administration dans cette affaire sensible, comme le souligne Le Monde.
La controverse qui se développe autour de cette affaire souligne l'importance d'un débat démocratique transparent et l’essence même de l'équilibre des pouvoirs au sein du gouvernement américain.







