En 2023, le tabac a entraîné la mort de plus de 68 000 personnes en France, principalement à cause de cancers, mais également en raison de maladies cardiovasculaires et respiratoires. Bien que ce chiffre marque une légère baisse par rapport aux années précédentes, il représente toujours un fardeau considérable pour la santé publique, selon les derniers rapports de Santé publique France.
Les données révèlent que 75 % des décès touchent des hommes, représentant 49 361 décès contre 18 660 chez les femmes. En mettant en perspective ces chiffres, il est noté que 16 % des décès chez les hommes et 6 % chez les femmes sont attribués au tabagisme. Comparé aux 75 000 décès recensés en 2015, cette diminution est attribuée en partie à la disparition des générations historiquement les plus fumeuses.
Le Comité national contre le tabagisme (CNCT) souligne que cette baisse, bien qu'encourageante, reste insuffisante. "Ce recul limité ne remet pas en cause l'ampleur de l’enjeu sanitaire lié au tabagisme, qui accentue significativement les inégalités sociales de santé", estime-t-il dans un communiqué.
En termes de causes de décès, 58 % des décès attribuables au tabac chez les hommes sont dus au cancer, chiffre qui atteint 55 % chez les femmes. D'autres causes parfaitement identifiables incluent des maladies cardiovasculaires (14 101 décès) et des pathologies respiratoires chroniques (12 798 décès). Des affections respiratoires aiguës et le diabète complètent cette liste tragique.
Certaines régions, comme les Hauts-de-France, le Grand Est et la Corse, affichent des taux de mortalité dus au tabac qui dépassent de plus de 40 % ceux de l’Ile-de-France, la région la moins touchée. Cette mortalité est souvent le résultat d'habitudes ancrées prises dès la jeunesse.
La consommation de tabac constitue une cause majeure de mortalité prématurée et évitable, réduisant l’espérance de vie des fumeurs de près d'une décennie. Face à cet état de fait, Santé publique France souligne l'importance d'engager une "génération sans tabac" à travers son troisième Programme national de lutte contre le tabac, actuellement en cours.
Afin de renforcer cette lutte, le CNCT appelle à intensifier l'action publique, en mettant en œuvre des mesures déjà éprouvées telles qu'une fiscalité accrue, un meilleur accès aux dispositifs de sevrage tabagique, l’interdiction stricte de la publicité, ainsi que des espaces sans tabac. En outre, jusqu'au 15 mars, SpF lance une campagne de communication intitulée "Devenir Ex-fumeur", afin d’inciter les fumeurs à envisager le sevrage.







