Les récentes déclarations du ministre des Transports, János Lázár, ont engendré une vague d'indignation au sein de la population. Ce dernier a exprimé que les Roms ne sauraient remplir que des tâches subalternes, comme le nettoyage des toilettes, une sortie qui questionne ses intentions politiques.
Interrogé sur la provocation, de nombreux analystes s'interrogent : s'agit-il d'une stratégie pour séduire les électeurs d'extrême droite ou d'une simple gaffe ? La réponse semblerait pencher vers la première hypothèse, à quelques semaines des législatives prévues le 12 avril.
S’il n’y a pas de migrants pour nettoyer les toilettes du train Intercités, il faut faire appel aux Roms hongrois
, a déclaré Lázár lors d'une réunion publique. Cette impertinence a résonné comme une cloche d'alarme pour les associations roms, qui rappellent que cette minorité, représentant environ 8% de la population, mérite dignité et respect.
Suite à la tempête médiatique provoquée par ses propos, Lázár, habituellement sans reproche, a présenté des excuses. Cependant, ses regrets n'ont pas suffi à calmer les appels à sa démission lancés tant par les groupes roms que par l'opposition. Les manifestations se multiplient, témoignant d'une montée de la colère sociale.
Cinquième mandat pour Viktor Orbán ?
Le climat politique s'électrise davantage avec les réactions des partis d'opposition. Le petit parti Momentum a dénoncé les provocations en déposant symboliquement des brosses à WC devant la résidence luxueuse de Lázár. De son côté, le parti Tisza, actuellement en tête des sondages, a choisi de sillonner les quartiers roms avec des hauts-parleurs diffusant les déclarations controversées du ministre.
Bien que les électeurs roms soient souvent dispersés politiquement, une partie continue de soutenir le Fidesz au pouvoir, dirigé par Viktor Orbán. Pourtant, Lázár ne semble pas avoir choisi la voie la plus sage, d'autant qu'il avait piloté un programme ayant réussi à mettre fin à la ségrégation des élèves roms dans son ancienne municipalité.
À la recherche d’un cinquième mandat, Viktor Orbán tente de reconquérir son électorat en jouant sur la pop rom, avec des vidéos où apparaît Kis Grófo, une star de la scène. Cependant, ce dernier a récemment pris un positionnement fort contre les discours racistes visant les Roms, ajoutant ainsi à la pression sur le gouvernement Orban.







