Alors que les socialistes débattent de leur participation à la primaire de la gauche, Jean-Luc Mélenchon a tendu la main aux communistes ce week-end. La dynamique politique s'accélère alors que l'élection présidentielle de 2027 s'annonce. S'agit-il véritablement des débuts de la recomposition à gauche ?
Bouillonnement à gauche : alors que les élections municipales battent leur plein, les responsables du défunt Nouveau Front populaire se projettent déjà vers la présidentielle. Les tensions montent alors que des stratégies rivalisent pour envisager ce scrutin décisif.
Au Parti Socialiste (PS), le dernier week-end a été marqué par de vives discussions sur la primaire soutenue par des figures comme Marine Tondelier et François Ruffin. Si le Premier secrétaire Olivier Faure défend cette approche, le président du groupe socialiste à l'Assemblée, Boris Vallaud, a jugé que celle-ci était "insuffisante" pour unir la gauche et contrer l'extrême droite, comme le rapporte Le Nouvel Obs.
Selon Vallaud, il faudrait une coalition incluant des figures allant de François Ruffin à Raphaël Glucksmann, qui lui-même se défend de participer à la primaire, pour impliquer d'autres processus dans le choix du candidat. Cette initiative fragilise davantage l'idée d'une primaire qui fait déjà face à des défis, suite à l'annonce de candidature à la présidentielle de Jérôme Guedj, un autre membre du PS qui a également choisi de ne pas passer par cette voie.
peur d'un dérapage
"C’est évident depuis le début que la primaire n’est pas un chemin aisé. C’est une guerre de nerfs", confie une promotrice de l'idée. Elle juge que les tensions internes au PS finiront par s'exprimer lors d'un vote des militants prévu en avril.
Vallaud, quant à lui, communique avec divers leaders, espérant réunir un large consortium autour d'un processus encore flou.
En réponse aux critiques internes, Faure a rétorqué lors d'une convention que sans primaire, il est difficile de sélectionner un candidat unique pour l’ensemble de la gauche, en excluant La France insoumise.
les communistes hésitent également
"Aucun parmi nous ne doit risquer de favoriser l'extrême droite en 2027", a insisté Faure sur France 3. La décision concernant la participation du PS à la primaire sera prise par un vote de ses membres après les élections municipales.
Cependant, le PS n'est pas le seul à hésiter. Les communistes, sous la direction de Fabien Roussel, expriment aussi leurs réserves. Le chef du PCF a fait savoir qu’en l'absence de sa propre candidature à la présidentielle, les élections législatives suivantes seraient compliquées pour le parti. Il privilégie, pour l'instant, sa campagne municipale à Saint-Amand-les-Eaux.
La situation reste tendue, et les hésitations internes profitent à Jean-Luc Mélenchon et à LFI, qui semblent vouloir déstabiliser les écologistes en profitant de la situation actuelle.
une main tendue
Mélenchon, lors d'un discours à Argenteuil, a renouvelé son invitation aux communistes : "Je propose une offre fédérative pour l'élection présidentielle et les législatives à venir." Dans cette démarche, il propose la création d'un Conseil du programme et d'un Conseil politique de campagne. "Si nous gagnons, nous gouvernons ensemble ; si nous perdons, nous faisons front ensemble", a-t-il précisé, une position qui résonne bien au sein de son propre parti.
Le président des députés PCF a également souligné l'importance des choix politiques alignés entre Insoumis et communistes à l'Assemblée. "Ne soyons pas dupes, le but de certains est de diaboliser LFI pour mieux promouvoir le RN", a-t-il averti.
Avec les élections présidentielles qui approchent, la course s'accélère à gauche, et une membre de la primaire se résume la situation : "Il est encore temps, mais le temps file."







