Les enseignants des écoles maternelles et primaires, ainsi que ceux des collèges et lycées, se mobilisent ce mardi 31 mars 2026. Face à la perspective de la suppression de plus de 4 000 postes à la rentrée prochaine en France, l'académie de Reims ne fait pas exception, avec 99 postes menacés dans le premier degré et 58 dans le second degré.
Une nouvelle journée de protestation est organisée par plusieurs syndicats, dont la FSU, l’UNSA, la CFDT, la CGT et SUD, pour exprimer leur mécontentement face à ces réductions d'effectifs. Les enseignants de la Marne se rassembleront devant le rectorat de Reims à 16 heures, tandis que leurs collègues des Ardennes se mobiliseront devant l'inspection académique de Charleville-Mézières à 12h30.
157 postes menacés au total dans l'académie de Reims
Dans l'académie de Reims, la menace pèse sur un total de 157 postes. Plus précisément, 99 postes dans le primaire sont concernés, dont 35 dans la Marne et 23 dans les Ardennes. Dans le secondaire, 58 postes sont également menacés.
En janvier dernier, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, avait justifié ces suppressions par une "chute démographique vertigineuse". Cependant, cette affirmation ne convainc pas tout le monde. Selon Yoann Odivart, secrétaire FSU SNES de la Marne, "cela relève de la manipulation d'information", rappelant que la démographie à prendre en compte pour l'enseignement dans le secondaire est celle d'il y a plusieurs années.
Vers des classes de 38 élèves à Jean-Jaurès
Fort de ses 20 années d'expérience dans l'académie, Odivart dénonce l'aggravation continue des effectifs en classe. ”Depuis deux décennies, les classes deviennent de plus en plus chargées !" avertit-il. Actuellement, certaines classes de son établissement comptent jusqu'à 38 élèves, ce qui a des conséquences désastreuses sur l'apprentissage des élèves et sur les conditions de travail des enseignants, qu'il qualifie de "violence institutionnelle".
Évolution des effectifs d'élèves dans l'académie de Reims
Dans le cas du premier degré, Angélique Pielach, co-secrétaire départementale FSU-Snuipp et directrice de l'école Jean d'Aulan à Reims, souligne également les effets néfastes de ces mesures sur les élèves en situation de handicap. "Tous les enseignants et les AESH sont au bout du rouleau," affirme-t-elle, alertant sur l'augmentation du nombre d'élèves ayant des besoins spécifiques. Elle avertit que, avec des classes atteignant jusqu'à 30 élèves, il devient de plus en plus difficile de répondre aux besoins de chaque enfant.
Les syndicats attendent d'être informés ce vendredi 3 avril quant aux secteurs et classes affectés par ces suppressions de postes. La communauté éducative reste donc mobilisée, déterminée à défendre l'avenir de l'éducation dans la région.







