Ils étaient organisateurs ou simples festivaliers. Les témoins de la première Gay Pride de Bordeaux, qui a eu lieu le 15 juin 1996, se remémorent cet événement à la fois joyeux et politique.
Il y a trois décennies, alors qu’Alain Juppé venait d’être élu maire de Bordeaux, la capitale girondine accueillait enfin sa première Gay Pride, bien que des manifestations aient déjà eu lieu à Paris dès 1971.
Georges Giraud-Bass, membre actif de l'association For'Hommes, se souvient de l’effervescence du départ : « Nous étions à peine 200 au départ, place de la Comédie, et environ 1 500 à l’arrivée, place de la Victoire ». Malgré ses inquiétudes initiales, il était fier de voir tant de monde rassemblé : « Trois ou quatre chars, des ballons, des sifflets et de la musique techno à fond ! ». - Je pensais qu’une telle manifestation dans une ville de province pourrait nuire à notre image », ajoute-t-il, en évoquant le contexte politique en arrière-plan.
« C’était génial de voir ces jeunes, maquillés et déguisés, crier leur fierté ! »
Pour certains participants, notamment ceux des Zaïnés du Girofard, l’enthousiasme et une touche d'inconscience ont rythmé cette première marche. Christophe témoigne : « Les passants nous regardaient, curieux, et parfois même un peu surpris. Pour beaucoup, c'était une première aussi bien réjouissante qu’intimidante. ». Son ami Jean-Christophe partage cet avis : « Les Bordelais n’osaient pas participer à la marche de Paris, bien plus anonyme. Ici, on se connaissait, chaque regard comptait. »
Une ville encore en évolution
Bordeaux, avait alors un poids social et politique assez lourd. Comme le souligne Jean-Christophe : « Souvent, des gens fermaient leurs fenêtres lorsque le défilé passait. Les temps ont changé, mais il restait encore beaucoup d'appréhension à cette époque. »
Au fil des ans, le défilé a évolué. L'édition actuelle souhaite raviver une tradition essentielle, celle d'une minute de silence en hommage aux déportés homosexuels, un acte symbolique fort de mémoire, soutenu par des figures emblématiques comme Cyril, qui se présente sous le nom de Sœur Marie Couche-toi là.
Des soutiens constants
Avec le soutien d’associations humanitaires et d’entreprises locales telles que le bar le BHV, reconnu comme un allié, la première marche a ouvert la voie à une tradition de fierté à Bordeaux.
La fête de cette année s'étendra du 4 au 30 juin, incluant des événements variés autour de la culture LGBTQ+.
Pour plus d’informations sur les activités planifiées dans le cadre du Mois des fiertés, rendez-vous sur bordeaux.fr et le-girofard.org.







