La fermeture d'un tunnel pour des raisons de sécurité près de Barcelone a entraîné une paralysie totale du fret ferroviaire transitant entre la France et l'Espagne. À la clé, un engorgement colossal des trains de marchandises autour de Perpignan.
Depuis maintenant plus d'une semaine, le trafic de fret entre les deux pays est presque à l'arrêt. Les trains de marchandises ne parviennent plus à franchir les Pyrénées et sont bloqués en France, notamment dans la gare internationale du Soler, à proximité de Perpignan (Pyrénées-Orientales).
Cette crise est provoquée par des dommages causés aux voies en Catalogne, résultants des récentes intempéries, ainsi que par l'indisponibilité du tunnel de Rubí, essentiel pour le réseau de fret. Ce dernier constitue le seul passage viable pour les trains de marchandises, rendant toute alternative impraticable.
Gare saturée au Soler
Les conséquences sont immédiates : le nombre de trains immobilisés croît de jour en jour. Chargés de voitures neuves ou de conteneurs variés, les convois s'accumulent ainsi sur les voies de la gare du Soler.
« Le site est actuellement engorgé. Les sept voies dédiées au stationnement des trains sont pleines, tout est saturé. Des trains sont même déviés vers la gare de Saint-Charles », explique Marc Fernandez, agent de circulation à la SNCF à Perpignan, responsable de l'accueil des trains internationaux.
Cette situation complique nettement le quotidien des cheminots. « C’est exigeant pour tout le monde. Les entreprises attendant leurs marchandises, et pour nous comme agents. Cela requiert une grande anticipation pour gérer les arrêts de train, entraînant une légère désorganisation dans notre travail », précise-t-il.
Trafic « quasi nul » via le Perthus
Normalement, entre 10 et 12 trains de fret circulent chaque jour par le tunnel du Perthus. « Depuis une semaine, le trafic est quasiment à zéro », confirme Petros Papaghiannakis, directeur de LFP Perthus, l'organisme gérant le tunnel ferroviaire.
« Malheureusement, nous n'avons pas beaucoup de visibilité sur le rétablissement du service. Les ingénieurs espagnols travaillent d'arrache-pied sur le site. D'ici vendredi, nous devrions disposer d'un calendrier : quelques jours, quelques semaines, ou, espérons-le, pas plusieurs mois », ajoute-t-il.
Un coup dur pour le fret ferroviaire
Au-delà de cet incident technique, l'inquiétude est également commerciale. « Le secteur ferroviaire doit maintenir sa fiabilité. Le risque est de perdre des clients que nous avons convaincus de switcher du camion au rail. Actuellement, ils n’ont d'autre choix que de revenir à la route », avertit le dirigeant.
Et la reconquête des clients pourrait prendre du temps. « Il est simple de perdre des clients en quelques jours, mais cela peut demander des mois, voire des années pour les récupérer », admet-il.
En revanche, une bonne nouvelle existe : les trains de voyageurs continuent de circuler normalement entre la France et l'Espagne.







