Le syndicat des distributeurs de produits bio a annoncé, le 10 octobre, son retrait de l'Agence Bio, un organisme soutenu par l'État pour promouvoir l'agriculture biologique. Selon ces distributeurs, l'agence est actuellement en danger en raison de coupes budgétaires importantes dictées par le gouvernement.
Christelle Le Hir, présidente de Synadis Bio et directrice générale de La Vie Claire, a déclaré à l'AFP : "Nous croyons sincèrement que le démantèlement de l'Agence Bio est sur les rails." Cela fait suite aux coupes annoncées pour 2025 et 2026.
Cette décision envoie un message fort à la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, visant à "préserver l'Agence Bio", qui pourrait voir ses responsabilités éclatées entre plusieurs autres organismes comme FranceAgriMer et l'Institut national de l'origine et de la qualité (Inao).
Menaces de disparition pour l'Agence Bio
Chargée de promouvoir les produits bio à travers des campagnes de communication, l'Agence Bio fournit également des données essentielles sur le secteur, tout en gérant un fonds important destiné à soutenir divers projets agricoles.
Synadis Bio inclut des enseignes notables telles que Biocoop, Naturalia et Accord Bio, représentant en tout plus de 2 000 magasins et un chiffre d'affaires d'environ 3 milliards d'euros par an, ce qui constitue 40 à 50 % du marché bio en France, générant 15 000 emplois. Bien que les membres de Synadis Bio aient été intégrés au conseil d'administration de l'Agence Bio, ils s'inquiètent de l'avenir de cette institution qui fait face à des appels à la réduction de budget.
Depuis un an, l'Agence fait l'objet de menaces concernant sa survie, tant dans le cadre du budget 2025 que par le biais de divers rapports parlementaires sur les économies à réaliser au sein des agences gouvernementales.
Réactions et préoccupations sur l'avenir
Christelle Le Hir a exprimé son indignation : "Bien que l'agence ait survécu jusqu'à présent, tous ses moyens ont été drastiquement réduits. Il est urgent d'appuyer l'agriculture biologique." Elle a également évoqué un changement imminent de direction à l'agence.
Le secteur bio, qui a souffert des effets de l'inflation, semble enfin montrer des signes de reprise. However, des préoccupations subsistent, car les surfaces de culture bio ont diminué en France durant les années 2023 et 2024, s'opposant aux ambitions affichées par la législation.
Les distributeurs, qui obtiennent 85 % de leurs produits de sources françaises, craignent de devoir se tourner vers l'importation si la production nationale continue de diminuer, notamment pour des denrées déjà sous tension, comme les œufs, le beurre ou la viande.







