À Saint-Denis, entre sécurité renforcée et méfiance persistante envers la police municipale

Sécurité renforcée à Saint-Denis, mais la confiance envers la police municipale reste fragile.
À Saint-Denis, entre sécurité renforcée et méfiance persistante envers la police municipale
©Dimitar DILKOFF, AFP - Un policier municipal avec des cartouches de cigarettes de contrebande saisies à Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis, le 22 janvier 2026

Au cœur de la cité Gabriel-Péri, des policiers municipaux arpentent les halls d'immeubles, plaçant des LBD en alerte. Ce soir, la tranquillité règne, mais la lutte contre le trafic de drogue demeure une préoccupation sous-jacente.

Malgré l'intensification de la vidéosurveillance, la cité garde une part de mystère. "L'effet plumeau", comme le souligne Rudy, un des chefs d'unités, traduisant une réalité où les problèmes se déplacent plutôt qu'ils ne disparaissent.

Tandis que Jordan Bardella, président du Rassemblement national, évoque des souvenirs de jeunesse dans le quartier, les policiers sont conscients des enjeux. Alexandre, en charge d'une brigade de proximité créée pour lutter contre les points de deal, admet que leur rôle a évolué. Ne pouvant agir sans flagrant délit, ils se consacrent à minimiser les nuisances.

La présence policière a des conséquences ambivalentes. Sekou, 40 ans, exprime son inconfort face à des contrôles perçus comme traumatisants, bien qu'il reconnaisse des améliorations dans le quartier. Ahmed, un agent de sécurité, illustre la dualité ressentie par de nombreux habitants : une nécessité de sécurité contre le risque d'abus.

Ces abus, comme l'ont rapporté la Ligue des droits de l'Homme dans une lettre ouverte au maire, soulèvent des inquiétudes. Des accusations telles que l'utilisation excessive de la force sont fermement réfutées par le chef de la police, Sofyan El Belqasmi, affirmant que son équipe est en première ligne pour résoudre des problématiques au sein d'une ville historiquement touchée par la criminalité.

D'importantes réformes ont été mises en œuvre, comme le déménagement des 160 agents vers un ancien commissariat, et la mise en place d'un Centre de surveillance urbain plus vaste, désormais armé de 850 caméras. Ces efforts visent à répondre aux 55 000 appels des habitants cette année, un chiffre en nette augmentation par rapport à 2019.

La municipalité, en période électorale, voit ses méthodes de sécurité remise en question par l'opposition, notamment LFI et les communistes. Dans les quartiers sensibles comme celui de la gare, la brigade travaille à "saturer" l'espace, dissuadant ainsi de potentielles infractions.

Alors que les élections municipales approchent, la question du bien-être des habitants et de leur sécurité demeure centrale. Les tensions entre nécessité de sécurité et respect des droits individuels continuent de poser un défi à la police municipale.

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